Aujourd'hui, nous voici partis pour explorer le Joshua Tree National Park, qui change un peu des endroits que nous avons vus précédemment car ici, c'est le désert!
Ici, pas d'ours ni de bibiche, juste des lézards et... des serpents!
Une bonne petite séance d'étirements post balade de 7 miles (étirements un peu plus professionnels qu'au Grand Canyon) devant un point de vue sur les montagnes de Coachella.
(vue de la fesse bodybuildée en extension)
C'est notre dernier journée avant de reprendre l'avion, du coup, nous commençons à rempaqueter. Julien dit Adieu à ses chaussures de rando Quechua entièrement non imperméables. Elles bâillent tellement qu'il est temps qu'elles rejoignent la poubelle.
Pour notre dernière soirée dans le Grand Ouest, nous décidons d'aller au Saloon. Si si, au Saloon de Joshua Tree. Au bord de la route. On aimerait bien avoir des bottes pour y aller, et puis un cheval aussi, mais, faute de matériel, on y va en voiture et en basket.
Une grande soirée nous attend, parce que ce soir au Saloon, c'est Karaoké.
Après le repas, je sens Julien se trémousser sur sa chaise, tel un cow boy prêt à sortir le colt. Une bière, deux bières.
"Bon, on choisit une chanson?"
Les titres de country s'enchaînent, viennent aussi Metallica et Steeve Wonder. C'est parfois très faux, parfois hurlé, parfois murmuré, parfois éthylique. C'est absolument génial, j'aurais envie de prendre tout le monde en photo, mais Julien m'interrompt dans ma contemplation en me tendant le classeur à chansons :
"Bon, tu préfères quoi? Un Metallica ou un Beatles?"
J'aurais aimé "la vie en rose" ou un bon vieux joe dassin, histoire de les impressionner avec mon perfect french accent, mais ya pas. Julien se saisit d'un papier, griffonne "Hey Jude", le donne au DJ. Je me dis que j'ai bien fait de passer quelques soirées chez François et Julia à faire du karaoké sur Wii et la voix à Band Hero.
"And now, Julian and Mary-ann for "Hey Jude"!"
Hop on est partis. Julien maîtrise, je sens même qu'il bat la mesure avec le pied comme un pro. Je commence à fond et puis tout à coup, je ne sais pas ce qui se passe, je vois la scène de l'extérieur : je suis dans un saloon avec Julien, en basket, lunettes de vue et cheveux sales, à Joshua Tree, en train de chanter "Hey Jude" devant un parterre d'Américains sirotant des bières. Je suis prise d'une crise de fou rire. Julien me donne un coup de coude pour que je continue. C'est encore pire parce que j'imagine que tout le monde le voit me donner un coup de coude pour que je me ressaisisse.
Je reprends mes esprits. Il faut que je sauve l'honneur de la patrie française et de la chanson anglaise. John Lennon, si tu me regardes, be proud de ta pouliche.
Da da da da dadaaaaaaaaaaa, le public est à fond. Julien bat du pied encore plus fort. Je le sens emporté. On termine "Heyyy Juddeeee". Tonnerre d'applaudissements. On se rassoit, les chanteurs viennent nous congratuler, pouce levé "great! that was great!"
Je suis exsangue, j'ai tout donné. Dans la voiture pour rejoindre le motel, Julien me dit :
"Mais tu sais que moi au karaoké à Abbeville, j'étais trop fort? Ma spécialité c'était Couleur Menthe à l'eau. D'ailleurs je la chante très bien."
Je pars dans une crise de rire sans fin : on croit toujours bien connaître les gens qui nous entourent et en fait, non, on découvre toujours des tiroirs cachés.
"Mais au karaoké, ce qui est chiant, c'est quand le public chante à ta place."
Non vraiment, on ne sait pas tout des gens avec qui on vit.